Avec le développement et
l’urbanisation qu’ont connus les
villes du Maghreb, la densité
des populations et la
juxtaposition des immeubles,
châteaux de cartes et véritables
cages à souries, les séismes
deviennent de plus en plus
meurtries et provoquent de
sérieux carnages.
Tout
d’abord, définissons le séisme.
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Longtemps, les origines
des séismes furent
attribuées à des raisons
religieuses et
mythologiques. Suite à
l’établissement de la
théorie de Wagner au
début du XXème
siècle, concernant la
dérive des continents,
les explications sont
devenues rationnelles et
scientifiques. |
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Ainsi, l’homme a cru longtemps
en une terre ferme sous ses
pieds; or, l’écorce terrestre
est constitués de plaques
solides d’une certaine rigidité
avec des contours bien
délimités. Les frontières entre
ces plaques sont appelées des
failles. Sous les plaques, le
manteau terrestre est constitué
d’un liquide dense, visqueux et
à très haute température. Mues
par les courants de convection
du manteau, les plaques sont en
mouvement d’environ 1,5 cm par
an. Ainsi, elle glissent les
unes sur les autres, se heurtent
et quand elles se livrent à ces
œuvres, elles dégagent des
énergies colossales, d’où les
ondes qui naissent au sein des
failles, se propagent et
s’amplifient au-delà des foyers
sur des parcours de centaines de
kilomètres : c’est le tremblement
de terre ! |
Aujourd’hui, le risque de
présence d’activité sismique est
cerné et correctement défini par
les géologues sismologues
pratiquement dans toutes les
régions du monde (voir carte sismotectonique du Maghreb
publiée dans l’Economiste du
jeudi 29 mai 2003). Cependant,
les prédictions dans le temps
des secousses sismiques ainsi
que leurs intensités ne sont
toujours pas possibles
aujourd’hui et échappent au
formalisme scientifique. Au
Maghreb, l’activité sismique est
appréciable. Elle résulte des
rapprochements entre les plaques
africaines et eurasiennes. Ce
territoire appartient au
plissement alpin et occupe une
position charnière où siègent
des interactions et collisions
entre ces plaques. D’où la
nécessité pour les pays du
Maghreb de se prémunir et se
protéger cotre le risque
sismique les guettant,
persistant et admettant une
grande probabilité d’occurrence
à tout moment. Le constat franc
d’aujourd’hui, c’est que nous ne
sommes pas préparés à vivre de
telles épreuves. La dernière
catastrophe d’Alger et Boumerdes
en est une bonne démonstration.
L’adage « ça n’arrive pas qu’aux
autres » peut recevoir une
nouvelle confirmation. C’est
vraisemblable et transposable au
Maroc.
Quoique nous ayons noté avec
satisfaction l’entrée en vigueur
du règlement de construction
parasismique (RPS 2000) à partir
de septembre 2002, cette grande
étape franchie a besoin de
consolidation d’appui et de mise
en pratique avec rigueur et sans
failles !
Le comité national du génie
parasismique établi, en
conséquence, a de grands
chantiers de travail :
ci-dessous. Nous livrons
quelques réflexions et axes
stratégiques qui méritent
approfondissement par des
commissions spécialisées
aboutissant à des
recommandations et mise en
application :
A- A-
Au
Maroc, on continue, à ce jour, à
construire notamment les
bâtiments à trois étages et
inférieurs sans plan de béton
armé, sans la présence du bureau
d’études, de contrôle, ou encore
du laboratoire fournissant les
preuves expérimentales de
conformité pour jugement à la
maîtrise d’œuvre.
A Fortiori, l’application du PRS !
B- Notre pays possède des
décrets, des textes le loi et
des règlements ; l’attention
doit porter sur leur application
stricte, le respect de leur mise
en œuvre et une prestation
rendue respectant leurs
procédures et dispositions
constructives.
C- Un travail juridique colossal
doit être entrepris pour définir
et décréter les responsabilités
et missions dans l’acte de
bâtir. Responsabiliser et
accuser un seul intervenant
sachant que tous les autres ne
sont soumis à aucune obligation,
ne peut conduire à la qualité
recherchée.
D- Le règlement RPS 2000 doit
être fréquemment révisé,
amélioré et enrichi par les
remarques des professionnels.
Dans ce sens, le Laboratoire
d’expertises, d’études et
d’essais « L3E » signale ce qui
suit : afin de remplir
l’exigence du RPS 2000
concernant le béton à l’état
durci qui doit admettre une
résistance nominale supérieure à
22MPa, vu la densité de
ferraillage, l’utilisation d’un
adjuvant fluidifiant devient
nécessaire, voire obligatoire
pour conférer au béton frais la
maniabilité suffisante et
requise pour la mise en œuvre.
E- Etant donné que l’objectif de
l’application du RPS 2000 est de
limiter les dommages en vies
humaines et en matériel, la
sécurité des personnes doit être
placée en toute première
considération par rapport aux
raisonnements sur les surcoûts
et modalités de construire. La
vie humaine n’a pas de prix.
F- Les études du béton armé et
les études géotechniques des
assises des sols par des bureaux
et laboratoires spécialisés
doivent être exigées et être
préalables à tout acte de bâtir.
Aujourd’hui, on peut assister
dans notre pays à des
écroulements d’édifices, sans
aucune sollicitation
extérieurs! (voir communiqué de
presse de l’Economiste du 23
Avril 2003).
G- A supposer que désormais on
construit selon les normes du
génie parasismique, qu’en est-il
de notre patrimoine existant ?
Les bâtiments de classe 1,
notamment selon le RPS 2000, ne
méritent-ils pas des actions de
renforcement et un programme de
réhabilitation ? au risque de
les voir s’écrouler au moment où
en aurait le plus besoin !
(exemple : les hôpitaux et les
bâtiments publics).
Se prémunir donc contre la
catastrophe d’un séisme pour en
réduire les effets néfastes est
un devoir, une responsabilité de
tous : autorités, ONG, société
civile, etc.
Enfin, l’homme a toujours subi
les effets des séismes et
continuera à en subir les
risques tant qu’il habite la
terre. Nous ne pouvons empêcher
les tremblements de terre ; nous
ne pouvons prédire quand ils
vont se manifester. Nous sommes
en réalité à la merci de la
furie de notre planète.
Cependant, la mise en place d’un
programme et une stratégie
efficace vis-à-vis des aléas
sismiques permettent d’en
atténuer, en de grandes
proportions, les pertes en vies
humaines et en matériels.
Secrétaire général de
l’Association Régionale du
Conseil et d’Ingénierie de
Tensift ARCI/T.