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Mardi 6 Janvier 2009

 

CPR: Publications

   

Gestion des ordures ménagères: Amer constat

Par Zaki SEKKAT

Docteur Ingénieur des ponts et chaussées

Dr Zaki SEKKAT

Economiste

Jeudi 23 Novembre 2000

 

Ordures ménagères

La gestion des ordures ménagères telle que menée actuellement, est défavorable au développement socio-économique du Maroc. Cela provient d’une part de l’accroissement important qu’a connu la démographie et la mutation enregistrée au niveau des modes de consommation. D’autre part cette situation résulte de l’urbanisation galopante que connaît le royaume.

En effet, en l’absence des règles techniques et d’un minimum de dispositions protectrices, les sites des décharges affectent à la fois la santé des populations et les ressources naturelles. A ce niveau l’exemple des nappes phréatiques et oueds, sont les plus édifiants. L’eau en présence réagit avec les ordures ménagères. On assiste à des réactions biologiques et chimiques, puis la formation des complexes polluants, notamment les lixiviets et émissions de biogaz dans l’atmosphère. Ceci produit une perturbation de l’environnement immédiat de la décharge (ordures nauséabondes, prolifération des microbes, vermines et rongeurs), qui peut s’étendre sur plusieurs kilomètres selon l’intensité et la force des vents dominants. Signalons aussi l’activité économique et anarchique de personnes qui s’installent dans les décharges. Elles véhicules en s’y introduisant, diverses sources de contamination par des microbes et agents bactériens dévastateurs : Il en résulte la propagation d’épidémies dont les plus fréquentes s’attaquent à la peau et à l’appareil respiratoire de l’homme.

 

Des emplacements mal choisis

L'ampleur du problème des décharges réside dans la multitude des dépotoirs intermédiaires et sauvages éparpillés sur tout le périmètre urbain. Nous citons à titre d'exemple la vallée de l'oued Akrach. Ce site géomorphologiquement remarquable est devenu un véritable dépotoir et égout à ciel ouvert. On peu aussi évoquer la côte entre Kénitra et Jorf Lasfar qui s'est transformée par endroit en dépotoir au lieu d'être aménagée en site touristique balnéaire pouvant valoriser la région.

De plus, la plupart des villes marocaines ne sont pas dotée de décharge publiques contrôlées. L'entrée de certaines villes offre un spéciale désolant.

Décharges

 

Aussi l’accès aux décharges doit il être réglementé. Celles-ci doivent être munies de clôtures et d’un grillage d’une hauteur suffisante afin de limiter l’envol des papiers et des sacs en plastique. Certes les responsables des communes urbaines envisagent toujours de nouveaux lieux plus adéquats, mais le passage à l’acte prend du temps.

 

Un système de collecte adéquat

Précollecte, collecte au porte-à-porte... le ramassage des ordures et leur transoport varient en fonction des quartiers et de leur infrastructure. Ainsi, dans les médinas (villes anciennes), la collecte est manuelle. Ce type de site exigerait un personnel beaucoup plus important pour obtenir le même niveau de propreté qu'une rue carrossable. Les situations sont variables et en général les moyens sont divers: tinettes, caissons, charrettes. Il faudrait une étude approfondie pour déterminer le niveau de service du quartier. En ville nouvelle, la collecte est entièrement mécanisée. Mais le nombre de véhicules utilisés reste insuffisant. Par ailleurs les teneurs en eau (humidité) des ordures ménagères au Maroc dépassent 50% et l'utilisation de camions à bennes tasseuses produit un jus nauséabond qui vient maculer la chaussée.

 

 

Force est de reconnaître qui après la lettre royale de Feu Hassan II du 30 octobre 1996 adressée au ministère de l’Etat à l’Intérieur, le problèmes a été pis en considération et quelques mesures en vu le jour. On relève notamment de temps à autre des campagnes de collecte des ordures qui passement les quartiers des villes avec la participation des citoyens et ce, à l’initiative du Ministère de l’Environnement, des Wilayas et provinces, des entreprises privées et ONG. Cependant, la croissance démographique, l’urbanisation galopante et le développement économique se sont traduits par une production massive et croissante des déchets urbains, ce qui n’a pas permis l’éradication du fléau, les moyens étant souvent limités.

Quant aux opérations d’incinération, elle s’effectuent au sein du tissu urbain et plus précisément dans les lots de terrains abandonnés, des espaces verts non réhabilités et parfois même à coté des trottoirs.

Les conséquences et atteintes à l’environnement sont nombreuses :

-     - dégagement de fumées toxiques et polluantes de l’air.

-     - Mobilisation des sapeurs-pompiers suite aux fausses alertes.

Une mauvaise image du pays au-delà des frontières. Le principal vecteur de cette image est le touriste étranger, qui est généralement averti et sensibilisé aux questions des l’environnement. Finalement le phénomène d’incinération ne peut s’expliquer que par le manque de moyens de transport jusqu’au site d’incinération qui doit se trouver près de la décharge.

Par ailleurs le résultat de notre enquête réalisée en 1998 dans les villes de Tanger, Marrakech et Safi démontre que la production annuelle de déchets au Maroc est estimé à près de 8 millions de tonnes. Elle se caractérise par un taux de collecte avoisinant les 80%, une mise en décharge contrôlée à hauteur seulement de 5% et un taux de recyclage et récupération ne dépassant pas les 15%.

Aussi ces déchets sont-ils composés à hauteur de 70% de matières organiques, 20% de papiers et carton et 10% des différentes matières.

En résumé force est de reconnaître que les problèmes se  posent au terme de:

- Insuffisance de la collecte, du traitement, recyclage et d’élimination des déchets ménagers, industriels et matériaux.

- Absence de décharges contrôlées dans la plupart des villes marocaines.

Risque d’incendie, asphyxie et explosion dans certains dépotoirs proches des agglomérations.

Développement des vermines, rongeurs, poussière et ordures nauséabondes qui peuvent être à l’origine des maladies infectieuses et allergiques :

Nuisance à l’épanouissement des cultures (perte de fertilité du sl).

Pollution et altération de la qualité des eaux superficielles et profondes.

 

 

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